INTERET DE L’OSTEOPATHIE
Définitions :
Le terme « plagiocéphalie » prend ses racines dans la langue grecque « plagios » signifiant oblique et « kephalé » signifiant la tête.
La notion de normo-crâne, est soumise aux influences culturelles et sociétales.
Depuis l’antiquité, les Hommes ont compris que le crâne, pouvait, chez le nourrisson, se modeler en fonction de certaines contraintes environnementales.
Le modelage du crâne permettait une distinction sociale … il suffit de voir les momies incas aux crânes allongés.
La norme de l’indice céphalique (rapport largeur, longueur de la tête) est plus élevée au Japon qu’au Nigeria (on explique cette différence par des contraintes environnementales, et plus particulièrement la position de couchage du nouveau-né).
La Plagiocéphalie positionnelle (PP) a semble t-il toujours existé mais à une moindre fréquence que de nos jours.
Comment expliquer l’augmentation de la prévalence la PP ?
Il existe deux formes de plagiocéphalie :
– celle dite avec « synostose » ou craniosynostose : c’est une pathologie acquise par la fermeture précoce d’une ou plusieurs sutures du crâne. C’est une pathologie rare et grave nécessitant un suivi médical et chirurgical qui ne sera pas de l’ordre de l’ostéopathie dans un premier temps.
- celle dite sans synostose ou Plagiocéphalie Positionnelle, pouvant bénéficier de l’ostéopathie à titre précoce.
La plagiocéphalie positionnelle se définit par une déformation du crâne sans synostose des sutures . Elles ont un aspect quadrangulaire.
On les appelle aussi plagiocéphalies postérieures positionnelles ou plagiocéphalies sans synostose, ou encore posturales ou fonctionnelles.
Cet article s’intéressera à la plagiocéphalie positionnelle pouvant bénéficier de soins ostéopathiques.
Celles ci peuvent apparaitre dès la naissance ou par la suite, au bout de quelques semaines ou quelques mois ?
La Prévalence :
Avant 1992 et la campagne « back to sleep », le taux de plagiocéphalies positionnelles était estimé a 0,3 % . Actuellement la prévalence varie de 3,3 % à 19,7 % selon les études et l’âge du nourrisson.
Le Pic de prévalence se situe à 4 mois de vie.

les differents types de plagiocepahlies
– la plagiocéphalie fronto-occipitale : caracterisée par un crane oblique ovalaire avec une bosse frontale .
– la plagiocéphalie occipitale présente un méplat occipital unilatéral avec un front symétrique . Le crâne est raccourci dans un sens antéro-posterieur.
-la platycéphalie ou brachycéphalie , le méplat occipital est bilateral asymetrique .

PHYSIOPATHOLOGIE :
Les mécanismes ne sont pas toujours mis en évidence.
La croissance du crâne est rapide jusqu’à 6 mois de vie. Le périmètre cranien augmente d’environ 2 cm par mois juqu’a 4 mois , puis de 1 cm par mois entre 4 et 6 mois . Puis l’augmentation est plus lente , d’environ 0,5 cm par mois.
On voit donc la , toute l’importance du suivi pédiatrique par le pédiatre ou le médecin traitant dans le suivi d’une PP.
- Plagiocépahlie primaire
Elle est dite primaire car elle apparait dès la naissance .
C’est bien dans l’espace intra-utérin que des forces de contraintes vont modifier et orienter secondairement la forme du crâne . De plus, si les forces s’exercent sur la crane , nous les retrouverons sur l’ensemble du corps : colonne vertébrale , bassin (en inclinaison adaptative) et membres inferieurs.
2 Plagiocephalie secondaire
Elle survient ou apparaît quelques semaines après la naissance alors que le crâne était parfaitement régulier à la naissance.
On observe une nette préférence du nouveau-né à positionner la tête d’un seul coté ou une difficulté rotatoire d’un coté. Surviendront ensuite des compensations adaptatives de l’ensemble du corps.
Selon un schéma bien répandu, l’influence de la positon couchée sur le dos imposée au bébé depuis la campagne américaine « back to sleep » lie cette position à l’augmentation du nombre des plagiocéphalies.
Ce constat fait autorité dans le monde médical.
L’ostéopathe ne peut se contenter de ce postulat : les causes seraient multifactorielles
– les grossesses gémellaires, on pourrait penser à un risque de contraintes augmentées ; mais on ne retrouve pas systématiquement de plagiocéphalies.
– même constat pour les grossesses multiples.
- les contractions pendant la grossesse.
- les contraintes d’accouchement ;
Celui ci n’est pas toujours simple ; ce peut être un col qui ne s’ouvre pas ou pas complètement (augmentant les contraintes sur le crâne de l’enfant à venir)
Cela peut être l’utilisation de forceps ou cuillères ; meme si celles ci sont nécessaires, elles peuvent entrainer des points de compression et secondairement des déformations crâniennes.
L’utilisation de la ventouse entrainera plutôt un crâne en « pain de sucre » de forme conique . On ne peut pas parler de plagiocéphalie mais l’intervention de l’ostéopathe doit être systématique.
L’expression utérine (l’augmentation des pressions sur le ventre par une sage-femme) peut entrainer les contraintes crâniennes et favoriser l’apparition et le développement d’une plagiocéphalie ;
L’analgésie péridurale peut ralentir ou augmenter le travail , augmenter les contraintes par un travail a-physiologique , perturber la cinétique utérine et favoriser l’apparition de plagiocéphalie.
On peut également citer les positions du fœtus en siège complet ou décomplété, par la face etc ….
La liste est loin d’être exhaustive
Anatomie du crane du nouveau-né :

L’anatomie du crane du nouveau-né permet de comprendre les mécanismes aboutissant à une plagiocéphalie.
Le crâne du nouveau-né est composé de la voute et du plancher.
Le plancher représente la base du crâne. D’origine cartilagineuse, donc très résistant, il assure la sécurité de nombreux trous, dont le trou déchiré postérieur ou passe nerfs crâniens et vaisseaux (artères et veines).
La voute vient se poser sur la base « comme un chapeau sur la base. » D’origine membraneuse , donc plus souple, cette particularité, importante lors de l’accouchement pour le passage dans la filière génitale, la rend très adaptative aux contrainte s de l’accouchement mais également , facilement déformable si la contrainte est excessive.
On lui décrit 6 os ; le frontal, l’occiput, les deux pariétaux et les deux temporaux.
Chaque élément est séparé par les sutures qui se fermeront progressivement dans les premiers mois de vie. La suture antérieure, le bregma se fermera aux alentours de 18 a 24 mois.
Les sutures sont des zones de travail fondamentales on ostéopathie.
OUTILS PERMETTTANT LE SUIVI D’une PP
Il n’existe pas d’outil universellement reconnu.
On peut en citer deux la plagiocéphalométrie et le compas à calibrer.
Le suivi par le pédiatre ou le médecin traitant et l’ostéopathe aux connaissances affinées en périnatalité et pédiatrie est donc primordial.
L’OSTEOPATHIE :
Thérapeutique fondée par Andrew Taylor STILL à Kirsksville ( USA) en 1892 . Ingénieur de formation, puis médecin et chirurgien militaire, il fonde le premier collège américain d’ostéopathie.
S’appuyant sur l’anatomie, la physiologie et l’embryologie, de par sa formation princeps d’ingénieur du génie hydraulique et mécanique, il codifie et parfait l’art manuel en s’appuyant des concepts novateurs à l’époque.
William – Garner SUTHERLAND, un de ses élève , formule le concept crânien sur les micro mouvements des os crâniens , influencé par les membranes de tension réciproques de la dure-mère , le Liquide céphalo rachidien et le système nerveux central .
Prise en charge osteopathique d’une PP :
ce sont des techniques douces , non forcées , non traumatisantes , pouvant inclure la dyade ( mère-enfant ) parfois la famille de manière plus large.
Sans rentrer dans un catalogue de techniques, quelques photos illustreront une séance d’ostéopathie pédiatrique.



Bibliographie
– L’enfant nouveau-né / un cerveau pour la vie
Claudine Amiel Tison éditions INSERM
– Traité pratique d’ostéopathie crânienne
CAPOROSSI ET PEYRALADE Edit de VERLAQUE
– Osteopathie cranienne LIEM Edit MALO
– Mémoire de JEAN YVES KREITER sur l’influence des analgésies péridurales sur les déformations crâniennes dans les accouchements du sommet en vue de l’obtention du DO d’Ostéopathie)
